c'est sûr que la prod est à revoir mais on sent l'énergie qui ne demande qu'à exploser. connaissais pas, pas p
Par PHILOU, le 07.03.2026
merci pat, effectivement cela n'a rien à voir avec le groupe du même nom qui joue en jazz fusion.
j'aim e bie
Par Delrieu, le 06.03.2026
le lien vers les pistes pourrait être remis à jour, svp ?
j'ai cet album sur k7 et je cherche à le retrouver
Par Anonyme, le 06.03.2026
merci pour ces nouvelles de stocks que j’écoute depuis le début. je suis un fan de christophe marquilly depuis
Par Anonyme, le 06.03.2026
inconnu pour moi, tout comme le groupe de jazz rock du même nom! abus dangereux je connaissais le fanzine des
Par Anonyme, le 06.03.2026
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Dernière mise à jour :
06.03.2026
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Il fait beau cet après-midi... Au fond de la salle de convivialité de la résidence, Emilie, Lise et Marie écoutent attentivement John l’aide-soignant. Il leur fait la lecture de la nouvelle chronique que Crapou, le jeune fils retraité d’Emilie, a écrit pour le blog FranceRock70.
Quand en 1982, Christian Caron a proclamé « J’ai une idée » sur la pochette de son 33T, tous ceux qui comme moi ont voulu en savoir plus n’ont pas été déçus.
Tout d’abord, pour les paroles et les musiques (hormis le titre « Le reptile ») on n’est pas vraiment surpris de retrouver Caron épaulé par Bernheim et Cartigny. Ces trois acolytes avaient déjà eu une idée bizarre il y a trois ans. En 79 ils s’étaient amusés à faire rimer de grands classiques de la poésie française avec le rock, la pop, le reggae et même le disco dans un album intitulé « Attention les parents écoutent ».
Cette fois-ci, aucune trace de disco, que du rock, du rock plus rugueux, plus désenchanté que mélodique avec Daniel Roux (basse et guitare), Marc Guérini (batterie et claviers), Bernard Torelli (guitares), Joël Cartigny (guitare, claviers et production) et au chant un Caron qui me rappelle Bashung (dont il a d’ailleurs assuré quelques premières parties).
- Qu’est-ce qu’il raconte dans ses chanchons che monsieur qui a une idée, ? demande Marie en réajustant son dentier .
John poursuit la lecture de la chronique.
Pas de suspense, dès le premier titre (« J’ai une idée »), planté au 6ème étage d’une chambre de bonne, Caron nous fait part de son idée :
« ...Y a juste un pauvre pick-up
Y a même pas d’téléphone
J’ai une idée
Si on f’sait l’amour …»
- Ah, en voilà un qu’est comme mon coquin de René. Paix à ses os ! ne peut s’empêcher d’ajouter Emilie.
- Mon Léon, y l’avait pas beaucoup d’idées, semble regretter la timide Lise.
Jusque là, pas de souci, ça s’avère d’ailleurs être plutôt une bonne idée (et ce ne sont pas les chroniqueurs et visiteurs de FranceRock70 qui me contrediront). Mais dès le deuxième titre « Le Reptile », ça se corse. Pourtant ça commençait bien avec de jolies harmonies féminines mais voilà, très vite, d’une voix abîmée par quatre années de taule Caron nous prévient :
« ...Planquez les lycéennes
Le Reptile est là
Je viens m’frotter les écailles
Sur une lolita
Qui révise bien, qui travaille,
Son baccalauréat... »
Dans le même registre, sur une musique plus apaisée, le titre acoustique « Fillette » enfonce le clou :
« ...Fillette dis pas ton nom viens
Fillette t’es un peu jeune,mais ça fait rien
Fillette t’es tout c’que j’aime viens
Fillette quand tu s’ras femme pour moi tu s’ras trop loin... »
Là on commence à comprendre qu’il ne s’agit pas d’un CD sorti en 2022 à l’ère du #MeToo. Avec de tels propos le pauvre Caron se retrouverait rapidement cloué au pilori par les réseaux sociaux avant de finir en prison (comme sur la photo intérieure de la pochette).
- La prison, c’est tout ce qu’il mérite ce pervers ! s’indigne Emilie en serrant les poings.
C’était vraiment une autre époque, et il faut reconnaître que ce thème du monsieur confronté à la tentation devant une lolita a inspiré de nombreux paroliers. Je pense à Brassens avec « La princesse et le croque-notes », à Bernard Swell avec « Dix-sept ans », à Gaston Schaeffer avec « Elle n’a peut-être pas quinze ans » et sa troublante « Lolita » ou encore Plume Latraverse avec "Ne pleure pas petite fille".
Pour revenir à Caron, disons simplement qu’il fait un peu moins dans la dentelle que ceux-ci. D’ailleurs, ne proclame-t-il pas un peu plus loin que « Le sexe est partout » :
« ...Partout partout j’suis cerné, le sexe est partout
Dans l’décolleté de la speakerine
Sur les ardents trottoirs de ma rue
Dans les méandres des pantalons qui passent... »
Et si comme ça ne suffisait pas, il remet le couvert avec « Qu’est-ce que ça m’lance » :
« Je cherche une vie avec des seins qui m’diraient viens
Avec des reins qui m’diraient des silences
Qu’est-ce que ça m’lance, qu’est-ce que ça m’lance
Qu’est-ce que ça m’lance quand j’y pense... »
- Oh ! Emilie , c’est pas catholique ce qu’écoute ton garçon, dit Marie en tripotant son chapelet qui ne la quitte jamais.
- Et si ça s’trouve, c’est d’la musique de sauvage sans accordéon, ajoute timidement Lise.
- John lis-nous la suite. Avec un peu de chance il y a peut-être une belle chanson d’amour sur ce disque, rétorque Emilie faisant comme si elle n’avait pas entendu les commentaires de ses copines.
De sa voix de « rockailleuse » de fumeur invétéré (ce qu’il n’est peut-être pas, en fait je n’en sais rien) Caron nous délivre toute une galerie de portraits. Tel le jeune ado fana de rock partant à la chasse (« La dure jungle de l’amour ») :
« ...Dans la dure jungle de l’amour
Je m’en vais de mon pas de rockeur
Car c’est de l’amour
Dont a besoin mon coeur... »
Ou encore l’époux qui veut s’tailler (« Ça y est j’décolle ») :
« ...J’immigre au sud
Vers d’autres vallées
J’veux la chaleur
Que tu m’donnes plus
J’pars en voyage
J’t’ai assez vue... »
Nous avons également droit à un papa improvisant une berceuse (« Bébé rockeur ») :
« Bébé mon bébé il est temps de dormir
Papa rocker délire
Le marchand d’guitare est passé
Bébé laisse-toi bercer
Rêve de concerts comme ton rocker de père... »
- Moi j’aurais préféré que mon Léon me chante une berceuse au lieu de ronfler à m’décoiffer la mise en plis, soupire Lise en réajustant son chignon.
Il y a aussi le rockeur trop tôt disparu (« La voix de Joe Cocker ») :
« ...La première fois que je l’ai entendu chanter c’était chez moi
Et quand j’y pense ça m’fait d’la peine
Car il avait la voix de Joe Cocker
Dans Mad Dogs and Englishmen... »
Mon intuition me dit que le titre « Rien ne m’étonne » n’est pas franchement le portrait d’un écologiste barbu et convaincu :
« ...D’en haut d’en bas
Cette forêt d’acier je la trouve belle
Rien ne m’étonne je vis c’est déjà bien... »
Deux 45T seront extraits de ce LP et permettront aux titres « J’ai une idée » et « La voix de Joe Cocker » d’être diffusés sur la bande FM.
- Oh mon Dieu, il n’a pas bonne mine sur la photo, il ne doit pas manger suffisamment, s’exclame Marie en pensant à l’heure du goûter qui approche.
- Il a l’air bien triste, murmure Lise regrettant furtivement les ronflements de son Léon.
Suite à cet excellent album qui nous prouve magistralement (comme si cela était encore nécessaire) que le rock et le blues s’accommodent fort bien de la langue française, Caron publiera l’année suivante un 33T de 6 titres « Migraine ».
Il y sera entouré de la même équipe : François Bernheim, Joël Cartigny, Daniel Roux, Marc Guerini auxquels s’ajouteront Laurent Vinges (guitares) et Guy Battarel (synthés). De 1978 à 1988, on retrouvera également Caron sur 7 autres 45T (son fidèle complice Joël Cartigny assurant la production de 6 d’entre-eux).
Au final, encore un superbe artiste passé à la trappe.
A ce propos, découvrons ce que disait Bernard de Bosson revenant sur son passé de directeur général de WEA-France :« ...j’ai fait plein d’albums dont les gens n’ont pas voulu...si vous saviez le cimetière d’artistes dans lequel, en pensée, je me promène, des artistes auxquels j’ai cru comme un fou, qui n’ont jamais rien vendu...ça faisait partie du métier. »
Justement, exhumer, sortir de l’oubli ceux qui ont oeuvré pour cette musique que nous aimons tant, c’est la mission que s’est assignée FranceRock70.
C’est ce plaisir de découvrir ou redécouvrir ces groupes, ces chanteurs,ces musiciens plus ou moins ignorés ou oubliés qui nous réunit tous autour de notre blog préféré.
- J’ai pas tout compris, mais qu’est-ce qu’il parle bien mon fiston. Qu’est-ce que tu en dis Lise ? demande Emilie en bombant le torse.
- Je... je... je crois bien, mais quelle heure est-il ? bredouille Lise réveillée en sursaut par la question de son amie.
NB : Les petits entrefilets où s’expriment les trois pensionnaires d’une maison de retraite sont tout simplement un petit clin d’oeil à l’album « Temps »de Darras et Desumeur dont mon rédac’chef Mister Pat est un grand fan (comme moi d’ailleurs). Bref, je fayote pour qu’il me donne un coup de main pour boucler cette chronique.
Nota de Mister PAT : Tu t'en sors très bien Crapou, tu n'as plus besoin de moi.
titre en écoute : « Le reptile »
petit supplément : le 6 titres"Migraine"
par CRAPOU
Voilà c'est sympa tout ça, j'ai proposé pas mal de titres de lui car j'aime bien, alors je prends avec un grand plaisir, merci encore.Merci, j'aime beaucoupOui sympa ce LP , de bonnes choses et (feu) Daniel Roux l’excellent bassiste de STOP que Makhno nous a proposé ici .Un très bon album, très original. Merci Crapou. Je le garde pour ma maison de retraite.Merci un bon LP A+Il avait de la suite dans les idées. Merci.J'aime bien le style de tes articles. Tu abordes un disque avec une approche complètement différente. Les textes sont également très importants quand on écoute un album. Merci crapou pour le boulot.
http://francerock70 .centerblog.net
Superbe chronique qui donne envie d'écouter cet albumMerci
Effectivement des petits relents de Bashung. Super album.Ce serait bien qu' au moins ces 2 ALBUMS SOENT REEDITES EN VINYL !!!!!!Bonjour, je ne sais pas si cela existe, mais je recherche la discographie de Caron. Si quelqu'un sait comment, je suis preneur. Merci.Didier.satori@orange.fr
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