réponse à crapou : j'ai le lp de extra muros que je proposerai bientot !
Par Anonyme, le 13.02.2026
j'ai entendu parler de larry martin factory dans les années 70 mais n'ai jamais eu l'occasion d'écouter le gro
Par Jack69, le 13.02.2026
merci a.o. pour cette pépite !
jean-pierre ska a été membre de deux formations qui ont déjà fait l'objet d'u
Par Crapou, le 13.02.2026
un post qui tient ses promesses: une pépite en effet! et je n'ai encore écouté que l'autre dimension! merci a.
Par PHILOU, le 13.02.2026
oui ça à l'air vraiment bien ce que fait paul péchenart peut-être une interview à venir. http://francer ock70.
Par Mister Pat, le 13.02.2026
Date de création : 13.02.2019
Dernière mise à jour :
13.02.2026
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« Après maintes et maintes discussions, on décida de prendre les mêmes et de recommencer. Oublié le soir d’orage de l’année 1971 où disparut corps et biens le Système Crapoutchik. Le silence de ces quatre dernières années a ravivé les souvenirs et leur désir de repartir à la conquête de leur plaisir musical... », ainsi s’exprime Claude Puterflam dans l’insert de l’album éponyme de 1975 du Système Crapoutchik .
Pourquoi ce naufrage ? Que c’était-il donc passé depuis l’échec commercial de l’unique album du Système « Aussi loin que je me souvienne » (chroniqué précédemment ICI) ?
Un petit retour en arrière s’impose. Tout d’abord, parti rejoindre la maison de disques Flèche en compagnie d’Alain Legovic (le futur Chamfort), Michel Pelay a quitté le groupe après le 45T « Demain / L’amourophobe » paru en 1969 peu de temps après « Aussi loin que je me souvienne ».
André Sitbon, en remplaçant Michel Pelay à la batterie, va participer à l’enregistrement de deux 45T en 1970 avec Gérard Kawczynski (Crapou), Christian Padovan (Pado) et Jean-Pierre Alarcen. Ce sera « Les sans amour / L’enfant de choeur » puis « Au clair de l’une ou dans l’ombre de l’autre / L’horrible rêve ».
Avec sa pochette sinistre très veillée funèbre (voir ci-dessous) ce dernier 45T annonce la disparition du Système Crapoutchik. En effet le quatuor ne se fait pas d’illusion. Son rêve, son ambition de hisser une certaine pop française à la hauteur des modèles anglo-saxons, notamment de Liverpool, ne se réalisera pas. Le public n’est pas prêt, les médias ne savent pas dans quelle case classer leur musique. Les musiciens le pressentent : ce sera leur ultime enregistrement !
Mais non ! C’est sans compter sur Claude Puterflam, le producteur et parolier du Système Crapoutchik, qui décide de publier un double album rassemblant tous leurs titres sortis en EPs ou 45T auxquels il ajoute quelques délicieux inédits. Parmi eux l’instrumental « Flop » (avec le son de guitare clair et puissant d’Alarcen) qui deviendra l’indicatif de l’émission «Poste restante » de Jean-Bernard Hebey sur RTL.
A noter que sur ce double album se côtoient le titre « Un peu de rien » et sa version en langue anglaise « All what I have ». Mêmes arrangements, mêmes voix. Y a-t-il une version plus intéressante que l’autre à l’oreille du visiteur de Francerock70 ?
Non sans une ironie pour le moins mordante, Puterflam a judicieusement intitulé ce double album « Flop » avec une pochette ornée de la peinture d’un naufrage et d’un faire-part déclarant : « Vous êtes priés d’écouter le dernier disque du Système Crapoutchik, disparu corps et biens par un jour d’orage au cours de l’année 1971 en sa maison de disques parisienne. »
Après une première réédition en CD de « Flop » en 1996 chez Magic Records, une réédition vinyle verra le jour en 2011 chez le label Wah Wah Records.
Depuis une seconde réédition CD (sous slimbox), « Flop » est de nouveau disponible chez Magic Records (au prix de 9,90€).
https://www.magic-records.com/le-systeme-crapoutchik-c2x36019895
Après le split du groupe, les musiciens vont se disperser mais ce sera pour mieux se retrouver ci et là lors de séances pour d’autres artistes (par exemple divers disques du label Flamophone, Véronique Sanson, Michel Berger, Julien Clerc...) ou différents projets (Giant, les Nostalgics…). Mais nous n’en sommes pas là. En effet dans un premier temps, Kawczynski, Sitbon et Alarcen vont rejoindre la troupe de Hair tandis que Puterflam publie le 45T « L’esprit du mal / Le vieux pianiste laid » avec Bernard Ilous (et bien sûr les musiciens du Système).
Parallèlement en 1970, Puterflam et Alarcen publient sous le nom de Lenis Chorea un superbe 45T « Mea Culpa » dont le groupe Sandrose (toujours avec Alarcen) fera en 1972 une épatante version anglaise sous le nom de « Old dom is dead ».
Il est temps de reprendre cette chronique à partir de son point de départ en 1975 au moment où Puterflam annonce la résurrection du Système Crapoutchik.
Quand Puterflam crée en 1975 son propre studio d’enregistrement, le désormais célèbre studio Gang, il fait appel aux copains pour essuyer les plâtres. C’est donc à cette occasion que le Système Crapoutchik se reforme (sans Alarcen qui accompagne alors François Béranger et sans Jean-Pierre Sabar qui avait remplacé Alain Legovic). Il en résulte un album inespéré où Crapou, Pado et Sitbon sont entourés de tout une bande de copains (d’où le nom « Gang » donné par Puterflam à son studio). C'est ainsi qu'au piano, au fil des titres, on retrouve Michel Bernholc, Marc Chantereau, Bernard Ilous ou Jean-Claude Vannier.
Dans l’insert de l’album éponyme, après le préambule évoquant la réapparition du Système, Puterflam n’oublie pas de remercier son clan (dont l’excellent ingénieur du son Jean-Pierre Janiaud, dit « le sorcier », qu’il a réussi à convaincre de quitter Vogue pour le suivre dans l’aventure Gang).
Fidèles à leur pop mélodique dont on retrouvera des traces dans ce qu’on appellera « la nouvelle chanson française », Crapou et Pado se partagent toujours les compositions. Quant à lui, Puterflam n’est plus l’unique parolier du Système sur cet album puisque l’on y trouve des textes de Richard Gilly (4 titres), Boris Bergman, Jean-Claude Vannier ou encore Bernard Ilous.
L’album s’ouvre avec « La vie d’artiste » dont les paroles, dues à un Puterflam particulièrement inspiré, racontent les affres d’un chanteur déplorant de ne pas connaître la douleur et la solitude censées être source d’inspiration pour un artiste : « Heureux et content on n’est jamais un grand talent ».
Il est fortement conseillé de ne pas prendre au premier degré les textes de Puterflam si l’on veut apprécier leur substantifique moelle. Il a quand même une réputation de misogyne à entretenir et cet enregistrement du Système va lui permettre d’en rajouter une couche avec « Je t’aimais » et « Judy ». Ne fait-il pas chanter par les p’tits copains « ...Je t’aimais toi ma vomissure, Je t’aimais toi mon goût d’ordure, Je t’aimais croupi dans ma boue, ..Je t’aimais ma douce gangrène... » ? Avec un peu plus de délicatesse, on obtient « ...Judy, je ne veux pas ton coeur, non, Ton amour passion, non, Je ne veux que ton corps... »
Plus sentimental notre Richard Gilly avec son colleur d’affiches amoureux de la fille nue de « L’affiche » : « ...Je l’étends de mon pinceau Sur ses courbes que je colle à dix pas du sol Je plonge et je m’envole au fond d’une idée folle...Elle se déplie sous mes doigts... »
Quant à Bernard Ilous, il a tout compris : « ...Si l’amour d’un soir me dit Qu’elle m’aime pour la vie Je fais mon devoir je fuis... »
Nettement plus tragique est le destin de ce « Pauv’ Muezzin » qui finit par se retrouver sur l’échafaud (Badinter n’est pas encore ministre) « ...Et qu’est-c’qui t’fait trembler d’vant la grande machine Ce n’est pas le froid Ne crois pas C’est pas le froid...».Jean-Claude Vannier proposera une interprétation très ‘chanson française’ de son texte dans son album de 1980.
En remplaçant le mot « Boznawanie » par Ukraine, les paroles écrites en 1975 par Boris Bergman résonnent tragiquement avec l’actualité : « Nous on ignorait ce qu’on appelle la guerre Dans notre royaume personne ne savait la faire On vivait tranquille en Boznawanie Avant qu’ils soient là... ».
L’album se clôt avec une excellente déconnade de Puterflam (titre qu'au premier abord on pourrait être tenté de qualifier de dernière piste de remplissage, mais on aurait bien tort) : « Il n’y a qu’à.. » devenu « Yaka Yaka... ».
Ce troisième LP du Système a eu droit à une réédition vinyle par le label espagnol Wah Wah Records en 2011 (mais pas de réédition CD).
Dans un paysage musical populaire construit par une opposition forte entre rock, chanson française et variétés, la pop du Système Crapoutchik, avec ses chansons courtes et sa recherche continuelle de la perfection dans les harmonies vocales, n’aura pas de suite. Il faut reconnaître que le Système n’a jamais cherché à se produire sur scène où il aurait été difficile de reproduire ses sophistications harmoniques et sonores.
C’était avant tout un groupe de studio qui avait juste réussi à enregistrer ses propres compositions entre deux tournées ou séances d’enregistrement pour d’autres. Comme bien d’autres musiciens de studio, ils se sont retrouvés dans une impasse : absence de couverture médiatique, absence de crédit auprès des majors et dépendance économique et artistique par rapport aux producteurs et autres employeurs.
Et ensuite ?
Les membres du Système Crapoutchik, qui avaient fait leurs premiers pas dans l’industrie musicale alors que les Beatles (qu’ils admiraient tant) étaient encore en activité, ont continué leur petit bonhomme de chemin artistique. On retrouve leur trace, tels les petits cailloux du Petit Poucet, un peu partout sur un nombre incalculable de vinyles...

En 1982, Kawczynski et Padovan,accompagnés de Haddi Kalafate, rendront un brillant hommage aux Shadows avec un album intitulé « Les Nostalgics » dont la réédition est également disponible chez Magic Records
Sur le blog « Memor’hits » de notre ami Séric vous trouverez trois posts consacrés au double album « Flop » ainsi qu’un post sur « Les Mods » (Legovic et Alarcen avant Dutronc), un autre sur « Mea Culpa » et enfin un autre post sur une rareté introuvable….pour tout autre que Séric :
Le Système Crapoutchik (1975) + « Désillusion » (face B du 45T)
titre en écoute : « Je fais mon devoir je fuis »
Par un chroniqueur de Francerock70
(qui n’ose pas signer cette chronique par le pseudo qu’il s’est choisi)
En bonus pour les abonnés (et autres visiteurs du blog)
- les deux versions de « Un peu de rien » (j’en ai profité pour ajouter la version reprise par Puterflam en 1978).
- le 45T de 1971 de Puterflam « L’esprit du mal / Le vieux pianiste laid ».
- le 45T de Lenis Chorea (Puterflam / Alarcen) « Mea Culpa » et sa reprise en 1972 par Sandrose sous le nom de « Old dom is dead » avec Rose Podwojny (future Rose Laurens).
- le titre « Flop » pour les nostalgiques de Poste Restante.
- grâce à Gaby, j’ai pu rajouter à la dernière minutes dans les bonus une archive vidéo des Challengers avec Kawczynski et Padovan mais aussi un Daniel Baudon juvénile sans sa moutache, souriant et chantant (même si c’est du play-back).
En écoutant ces morceaux, c'est à se demander pourquoi n'ont ils pas eu du succès ?
A quand du Puterflam solo?
Bien vu le clin d'œil à poste restante, fabuleuse émission qui m'a permis de découvrir de nombreux artistes. Dommage, que cela n'existe plus, snif. Mais bon, maintenant quelle radio FM (ou AM)programmerait ce type d'émission avec tout un tas de titres "inconnus"?? Peut être à cause du manque de matière musicale (dans le sens "intéressante") entre autre...
j'adore claude puterflam et ses 2 albums solo dommage qu'il n'est plus rien fait depuis 1982Merci, le orceMerde j'ai ripé, donc je disais que le morceau en écoute m'a l'air sympa, je vais écouter pour le reste, encore merci.Merci, je ne connaissais pas...une époque...Très complet, merciRichard Gilly poursuit sa route : https://richardgilly.bandcamp.com/Une chronique de Crapou ! Chic !Claude Puterflam – La Voix De Mon Etre 2020Très intéressant, beau travail, merci !Merci pour ces pépites.J'ai seulement récemment entendu parlé de se groupe mythique.
Merci beaucoup , je ne connaissais que Flop ou presqueTitis
A l'attention d'Alain B. : J'ai oublié de préciser que "La désillusion" est un très beau texte de Richard Gilly.Merci Crapou pour l'info concernant l'autre texte signé Richard Gilly, un artiste pour lequel j'ai beaucoup d'estime.je ne connaissais que de nom (et mal car vaguement associé à Alain Chamfort). belle découverte grâce une chronique encyclopédique. grand merci Crapou. oli_hfdMerci poue la decouverte A+Manolete45
suite et fin d'une superbe chronique. merci pour toutes ces infos. oli_hfdEcrire un commentaire